TDR d’Antan, L’histoire du Tour du Rutor

 

L’histoire du Tour du Rutor est récente : en effet, cette course est née en 1995 de la volonté des membres du club de ski Corrado Gex d’Arvier et de certains jeunes, passionnés d’alpinisme. En raison de la beauté et de la difficulté technique de son tracé, qui alterne des itinéraires de ski et des parcours d’alpinisme pur, le Tour est rapidement entré dans le gotha du ski-alpinisme international.

Le 17 avril 1995, les premiers à franchir la ligne d’arrivée, après voir fait la course en skis de fond, furent les représentants du Corps forestier, Fulvio Mazzocchi et Luca Negroni.

Remontons maintenant dans le temps, jusqu’en 1933 : l’on se souvient que c’est cette année-là qu’eut lieu la première édition du fameux Trophée Mezzalama (25-28 mai) mais rares sont ceux qui savent que – dans le sillon de cette compétition qui fait souffrir, aujourd’hui encore, les athlètes du Cervin jusqu’au mont Rose – les 1er et 2 juillet de la même année, a eu lieu une autre course de ski en haute montagne intitulée Trophée du Rutor !

Cette compétition, dont le règlement prévoyait des cordées de trois athlètes équipés simplement d’un piolet et d’un sac contenant son paquetage, avait été organisée par le Commandement fédéral des jeunes faisceaux de combat et était réservée aux jeunes fascistes et aux étudiants piémontais. Les vingt équipes qui prirent le départ effectuèrent un parcours en anneau (18 km pour 700 m de dénivelé), qui se déroulait autour du glacier du Rutor. Les athlètes passèrent la nuit au refuge Santa Margherita (situé à 2494 m d’altitude, dans la commune de La Thuile) puis montèrent jusqu’au pied du Grand Assaly, arrivèrent alors aux cols de Loydon (ouest et est) et de l’Avernet avant de commencer à suivre la crête du Rutor, jusqu’à la cabane  Defey (3373 m), point le plus haut du parcours. Enfin, ils descendirent jusqu’à la base du Château Blanc et du Flambeau. La victoire morale de la course fut remportée par l’équipe des mineurs fascistes de La Thuile (Alberto Chenoz, Francesco Chenoz et Bartolomeo Carrel), qui effectuèrent le parcours, hors compétition, en 1 heure, 28 minutes et 42 secondes. En revanche, le Trophée fut gagné par l’équipe A du Commandement fédéral des jeunes fascistes d’Aoste formée de Giovanni Pellissier, Antonio Gaspard (qui avait déjà gagné le Trophée Mezzalama avec Carrel et Maquignaz) et Antonio Hérin, jeunes guides de haute montagne de Valtournenche, en 1 heure, 35 minutes et 47 secondes.

Malgré les modifications du parcours et la distance idéologique qui les sépare, le Tour du Rutor peut donc être considéré à tous les effets comme l’héritier du Trophée du Rutor, qui fut la deuxième compétition de ski de haute montagne jamais disputée sur les glaciers de la Vallée d’Aoste.

En cette année, marquée par une nouvelle édition du Trophée Mezzalama, il nous est donc agréable de retourner en pensée jusqu’en 1933, car c’est à cette date que s’ébauchèrent les traits caractéristiques du sport que nous appelons aujourd’hui « ski alpinisme ».

                                                                                                    Federica Giommi

Aoste,

Revue de la Province,

Année V, Janvier-Avril 1933-X1, numéros 1 à 4,

Editée par l’Administration provinciale et le Conseil de l’économie.

Le Commandement fédéral des jeunes faisceaux de combat a organisé les 1er et 2 juillet, sur les glaciers du Rutor, une course de ski en haute montagne, en cordées, réservée aux jeunes fascistes et aux étudiants piémontais.

C’est la seconde compétition qui se déroule sur les glaciers de la Vallée d’Aoste ; cela confirme que l’on peut pratiquer le ski en toute saison.

En effet, les glaciers de notre Vallée offrent aux skieurs d’immenses étendues neigeuses même en été et c’est justement pour faire connaître le ski estival aux jeunes que le Commandement fédéral a souhaité qu’ils disputent une compétition sur un parcours en anneau (18 km pour 700 m de dénivelé), qui se déroule autour du glacier du Rutor.

 

Avant de se lancer dans la course, les participants se recueillent un instant en pensant à leurs camarades décédés l’année dernière sur la Dent du Géant : Emilio Charrey, Giovanni Gastaldi, Carlo Vettorato et Marino Guglielminotti.

 

Les derniers préparatifs ont lieu à la cabane Margherita et, à six heures précises, la première équipe, celle du jeune faisceau d’Alessandria, commence la compétition en courant, à cause du manque de neige qui oblige les athlètes à porter leurs skis.

Ensuite, les coureurs montent jusqu’au pied du Grand Assaly, arrivent aux cols de Loydon (ouest et est) et de l’Avernet puis suivent la crête du Rutor, jusqu’à la cabane  Defey (3373 m), point le plus haut du parcours. Enfin, ils descendent jusqu’à la base du Château Blanc et du Flambeau, avant de franchir la ligne d’arrivée, toujours en cordée.

 

Le parcours était magnifique, tout comme la descente finale. Mais, comme pour toutes les courses en cordées, les équipes devaient être soudées et les athlètes devaient parfaitement maîtriser les techniques du ski et de l’alpinisme.

 

Des postes de contrôle et des points de ravitaillement étaient répartis le long du parcours et nous nous devons de préciser que la course s’est déroulée sans le moindre incident.

 

L’un des mérites des organisateurs est d’avoir choisi un parcours qui permettait, du départ et jusqu’au point le plus élevé, de suivre toutes les phases de la compétition.

La lutte a été très dure…Toutes les équipes ont fait de leur mieux.

 

Le meilleur temps est celui de l’équipe mineurs fascistes de La Thuile (Alberto Chenoz, Francesco Chenoz et Bartolomeo Carrel), qui a effectué le parcours, hors compétition, en 1 heure, 28 minutes et 42 secondes. En revanche, le Trophée a été gagné par l’équipe A du Commandement fédéral des jeunes fascistes d’Aoste formée de Giovanni Pellissier, Antonio Gaspard (qui a déjà gagné le Trophée Mezzalama avec Carrel et Maquignaz) et Antonio Hérin, jeunes guides de haute montagne de Valtournenche, en 1 heure, 35 minutes et 47 secondes. Suivent les équipes du Valdigne, puis celle du Commandement fédéral des jeunes fascistes de Verceil. La première équipe citadine est celle du G.U.F d’Aoste (Deffeyes, Formento et Lombardi), qui a terminé le parcours en 2 heures, 7 minutes et 37 secondes.

Dans l’après-midi, la remise des prix s’est tenue à La Thuile, devant le Préfet et les principales autorités de la Province.

Au retour, ces jeunes, qui ont combattu avec la foi et l’ardeur de leurs vingt ans, entonnent des chansons alpines et des hymnes de la Révolution. Ils sont heureux et souriants : ce sont les nouveaux Italiens.

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